Allo planète Biëgl ? Ici Heubéheu. Je suis sur Terre... au secours !

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Certains de nos lecteurs se sont interrogé à propos du site consacré à Heubéheu. Mais qui donc est aux commandes derrière ce pseudo-Paco ? Comment ont-ils fit leur site web avec Jean-Luc ? Et puis pourquoi parlent-ils aussi des autres auteurs édités par Y.I.L. ? Et…

STOP ! On vous dit tout maintenant… Paco a décidé cette fois de se lâcher lousse !

1- Alors qui es-tu Paco Salamander en quelques mots ?

En quelques mots ? Ça va pas être simple… Je suis Paco Salamander, mais ça c’est mon pseudo d’artiste ! Je m’appelle en réalité Pascal Pautrot, je suis né à Angers et je suis toujours informaticien établi à mon compte à Graulhet dans le Tarn en Midi-Pyrénées depuis 2010. Je suis donc informaticien et artiste plasticien et j’ai malheureusement trop de cordes à mon arc car lorsqu’on est artiste les choix professionnels demeurent un dilemme cornélien.

Je suis né en 1965 et après des premières études en électromécanique j’ai « fui » la maison familiale pour effectuer mon service militaire à Orléans sur la base aérienne 123 en 1985, histoire de faire le point sur mon devenir. Je voulais plus que tout dessiner à cette époque et si possible faire de la bande dessinée. Surtout ne pas devenir carriériste chez EDF ou me retrouver enseignant, comme le fut mon père, en dessin industriel. Ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça. 🙂

A mon retour de l’armée et après avoir végété une année sans perspectives, je suis monté à Paris en 1986. Sans autres bagages que mon envie de devenir enfin « artiste » et si possible suivre un enseignement pluridisciplinaire. J’ai donc passé mes trois premières années à l’école SORNAS et j’ai pu découvrir les joies intenses de la vie étudiante Parisienne entre le Palais-Royal et le Louvre. Comme cour de récréation on peut guère faire mieux dans le style n’est-ce pas ?

Sans aucun doute la plus belle période de ma vie (grâce à ma tendre maman et son soutien indéfectible) ! Élever et éduquer seule 3 garçons dans la vie n’est pas chose aisée mais faire en sorte qu’ils deviennent grands, responsables, autonomes et assumés quand le papa est parti trop tôt (pour moi à 10 ans)… ça c’est un réel pied de nez à la vie, qu’on porte aussi parfois toute sa vie comme un boulet !

2- Que retiens-tu de cette période Parisienne ?

J’avais hâte d’en partir sur la fin et je ne voulais surtout pas y finir mes jours, pour rien au monde (bruit, stress, foule, pollution…). Mais en arrivant à Paris, un budget très serré en poche pour survivre durant les 3 premières années mais au fond tellement de rencontres et d’expériences enrichissantes, le temps de me construire un univers que j’avais moi-même choisi…

J’ai commencé par l’hébergement chez un pote dans un vieux 2 pièces sans sdb rue Saint-Maur, en passant par la classique chambre de bonne avec les chiottes et les douches dans le couloir. Passages dans divers banlieues et terminé mon périple Parisien dans un très bel appartement Haussmannien du 20ème. Ce qui pourrait le mieux résumer cette période de 17 ans ? A la volée je dirais… les ami(e)s, les premiers flirts, « A bout de souffle » (Godard / Belmondo), « La Bohème » (Aznavour), « Il est 5h, Paris s’éveille » (Dutronc). Ou encore Montmartre, Ménilmontant, le boulevard Poissonnière, Gambetta, Palais-Royal, le Louvre, la rue des Bons-Enfants, Belleville Saint-Maur, les traversées de Paris à pieds à 5h du mat’, le petit café crème, la bière Portugaise, l’Écho des Savanes, Circus, Pilote, Charlie-Hebdo, les bouquinistes…

3- Tu as aussi fait une brève incursion dans la bande dessinée, peux-tu nous en parler ?

Incursion éclair oui… Et bien en 1987 j’eus la chance de publier mes premières planches des Wipers sous le pseudo de Pascal Michel dans un journal créé à l ‘époque par Charles Lambert, « Rare&Cher ». Aux côtés d’auteurs talentueux comme Stanislas Barthélémy, Jean-François Bournazel, David Beauchard, Marc Joël, Thierry Boyer, Nick Raletz, Werrières, Jopa, Caravann… après ma première réunion rédactionnelle, de retour dans le métro je me disais : là mon coco, vu la bande tu n’as plus d’autre choix que celui d’assurer et à vitesse grand V avec tes jeunes pinceaux.

Aujourd’hui je ne sais pas ce que sont devenus la plupart d’entre eux sinon la carrière formidable de Stanislas que je suis de loin. Mais grâce à cette petite lucarne ouverte sur le 9ème art, j’ai pu participer à la 19ème Convention de la Bande Dessinée Porte de Champerret la même année et j’imaginais que ma carrière dans la BD allait peut-être réellement commencée. Le rêve et l’imagination permettent d’avancer dans la vie…

Mais il en fut tout autre puisque l’univers des jeux informatiques démarrait doucement en France et que j’eus l’opportunité d’être embauché comme infographiste chez Coktel-Vision (Adibou, ADI, Gobliiins, …), une société d’édition créée par Roland Oskian ex-ingénieur chez Matra. Quelqu’un qui restera pour moi un mec génial et un Grand patron, fan de Deep-Purple ! Mais vous connaissez certainement nos différentes productions Cokteliennes ainsi que vos enfants probablement !

C’est donc à cette période que j’ai rencontré – puisque nous parlons principalement de Bande Dessinée – mon ami Patrick DUMAS avec qui nous avons travaillé quelques années sur Adibou et Gobliiins notamment. Aujourd’hui et depuis pas mal de temps maintenant, Patrick est revenu à la BD après cette incursion dans les jeux vidéos dans les années 85-90 et il est devenu l’auteur magistral que l’on connaît. Un de nos maîtres français de la Ligne Claire et fils spirituel de Hergé et de Jacobs ! 😉

Je vous invite d’ailleurs à vous procurer ses derniers ouvrages magnifiques en date « l’Aéropostale – Des pilotes de légendes ». J’ajouterais aussi à son propos qu’il a collaboré avec un auteur/scénariste de renommée mondiale (si si Richard !) et que vous devez aussi forcément connaître puisqu’il s’agit du Grand Maître Richard D. NOLANE (« Harry Dickson », « Wunderwaffen », « Vidocq », … et ses nombreuses autres publications et anthologies sur les OVNI, les sociétés secrètes, le Fantastique et l’Horreur…). Nous nous étions rencontré à Albi et au Congrès ufologique que nous avions organisé à Graulhet, sous la houlette de Didier Gomez (UFOmania Magazine). Peu de temps avant sa première collaboration avec Patrick Dumas sur « 20 000 siècles sous les mers ». Mais bien que connaissant les 2 et imaginant qu’une collaboration NOLANE/DUMAS devait être un jour possible, je ne fus en rien dans cette belle association qui fut pour moi une surprise fantastique !

4- Tu as donc vécu 17 ans en région Parisienne. Tu as dû faire de belles rencontres dans les milieux artistiques ?

Oui mais je ne m’étendrais pas là-dessus… La plus drôle peut-être ce fut ma brève rencontre avec Michel Galabru dans une animalerie Quai de la Mégisserie, alors qu’il cherchait des poissons à offrit pour sa fille. En revanche, je pourrais parler d’autres rencontres inoubliables qui ont lieu d’être citées ici. Pascal Aubril (alias Joe SKULL) bien sûr puisque nous avons également œuvré ensemble sur les animations de ADIBOU. Joe SKULL dont vous pouvez lire l’interview qu’il a accordé ici à Heubéheu à l’occasion de la sortie imminente de son album et grâce à qui j’ai pu découvrir Y.I.L., l’éditeur de Jean-Luc également.

Et puis un clin d’œil particulier à RYTHER ; un pote photographe hors-pair que j’avais perdu de vue après que nous ayons essuyé ensemble les bancs de l’école SORNAS, rue des Bons-Enfants. Nous nous sommes retrouvés par hasard à Coktel-Vision, près de 10 ans plus tard, alors que nous embauchions de nouveaux graphistes sur ADI et ADIBOU je crois. Il était juste derrière moi à ce moment-là lorsque je l’ai reconnu à la voix. Sinon je ne l’aurai jamais reconnu physiquement… c’est vous dire à quel point nous avions déjà changé l’un comme l’autre… Nous mangions probablement mieux qu’à nos débuts. Le hic c’est qu’il est resté très beau gosse contrairement à moi ! 🙂

Chut ! et pour la petite confidence… ne le répétez pas mais… Thierry ( alias RYTHER) est le « petit » frangin de Fred, le chanteur d’Astonvilla qui a fait lui aussi un long et beau parcours depuis 1987. Mais tout ceci bien sûr reste entre nous, et je compte sur vous ! 🙂

5- Et au sujet de ta collaboration sur Heubéheu avec Jean-Luc alors ? Comment s’est déroulée votre rencontre ?

J’allais y venir… Ça va vous étonner mais on ne s’est jamais rencontré physiquement ! En 2005 mon ami et collaborateur Didier Gomez (UFOmania) qui travaillait sur Graulhet à cette époque est donc passé me voir un matin. Il venait de recevoir les planches de la bande dessinée Heubéheu que lui avait envoyé un auteur inconnu en quête d’un éditeur ou tout au moins d’une revue susceptible de pré-publier sa première histoire complète après avoir placé quelques planches dans la revue Facteur X.

Didier, auteur de livres sur les OVNI, créateur et rédacteur en chef de la revue UFOmania (aujourd’hui en sommeil) voulait me montrer le travail de Jean-Luc même si sa ligne éditoriale ne permettait pas de le publier en l’état au vue des critiques et de la foudre que la revue aurait eu à subir de la part des ufologues les plus conservateurs. Pensez-donc… publier une BD sur un extraterrestre loufoque alors qu’on a tant de mal à convaincre par ailleurs de l’existence réelle du phénomène. Bref, moi-même étant en pleine reconversion professionnelle et plongé jour et nuit dans des productions multimédia de remise à niveaux tous azimuts, l’idée d’en faire une adaptation numérique ne fit qu’un tour dans mon esprit. Je conservais donc la BD de Jean-Luc et puis je le contactais pour lui parler d’un hypothétique projet.

La numérisation des planches et les retouches n’ont guère pris de temps. Mais j’ai travaillé de longs mois sur le film d’introduction en 3D. Mon bref passage à l’École des Gobelins (Paris) m’avait permis d’appréhender la modélisation et l’animation sur Autodesk 3DSMAX pour la prise en charge d’une équipe de production chez Vivendi-Universal (anciennement Coktel-Vision), peu de temps avant mon départ éclair à la suite d’un pied cassé suivi quelque temps plus tard d’un burn-out en 2003. Il fallait donc que je m’y recolle un peu car je souhaitais réaliser une petite séquence assez réaliste, mêlant l’animation 3D et 2D basé sur les dessins de Jean-Luc.

Ensuite est venue l’animation et la sonorisation de quelques vignettes pour rendre la lecture de la bande dessinée numérique plus attractive. L’application tournait en Flash mais je l’avais également convertit afin que celle-ci puisse être lue indifféremment sur un navigateur ou comme une application Flip-book autonome.

J’ai ensuite fait quelques ajouts pour enjoliver le truc… des fausses publicités détournées sur Heubéheu notamment (que vous pourrez retrouver je crois en cherchant sur le blog du site). En effet dans l’album on découvre que Heubéheu adore le soda et ça m’avait bien fait rigolé, donc inspiré ! Jean-Luc s’est bien marré aussi en voyant ces montages alors nous avions décidé de les ajouter au contenu numérique de la BD comme de petits bonus rien de plus.

Voilà comment est née cette version multimédia. Mais le temps a passé, mes projets personnels se sont multipliés et sans financement, impossible de la faire distribuer. Hormis 2 ou 3 tirages exceptionnels imprimés à des prix très onéreux par le biais d’un imprimeur photo (CEWE) pour les quelques mordus réellement intéressés par l’album en version papier. Le projet HEUBEHEU est donc resté dans nos jupons…

Ses premiers lecteurs fidèles je peux d’ailleurs les citer ici : Romain RUIZ de la librairie Alter Ego à Perpignan et mon fidèle ami Thierry ROCHER, ufologue et grand collectionneur de figurines « Salamander ». Mais je n’ai finalement aucun regret car cette version multimédia restera sans aucun doute un vrai collector pour une petite poignée d’individus. Qui sait… nous pourrions même aussi la ressortir pour d’authentiques collectionneurs et l’offrir gratuitement à ceux qui auront acheté l’album ! Je pense sur le coup que c’est une merveilleuse idée ! Pas vrai Jean-Luc ? 🙂

6- Jean-Luc a finalement pu trouver un éditeur intéressé par les aventures de Heubéheu. Comment est-ce arrivé ?

Et bien en 2014 je crois, alors que je suivais doucement les envolées de Y.I.L. sur Facebook à travers le projet d’édition de Joe Skull et n’ayant plus les moyens d’assumer une hypothétique distribution de Heubéheu au compte-goutte, j’ai suggéré à Jean-Luc de contacter Yannick Bunel le « saint-patron des éditions Y.I.L. pour lui faire part de son projet. Il a tout de suite accroché et le contrat signé dans la foulée ! J’étais enfin très heureux pour Jean-Luc. Il avait déjà tant galéré… et tant espéré aussi.

Imaginez donc un instant ce que peut-être la frustration d’un auteur qui ne parvient pas à communiquer son art aux autres… Cette frustration était décuplée chez Jean-Luc parce qu’il s’était totalement investi dans sa passion pour la BD alors qu’il vit quotidiennement avec un lourd handicap qu’on appelle acouphènes. Une saloperie ! Jean-Luc évoque d’ailleurs ce mal dont il souffre, ici-même.

A cause de ces maudits acouphènes on traverse des moments de solitude infinie, on a le sentiment d’être incompris et d’être abandonné sans raison véritable. Il a donc fallu à Jean-Luc une volonté de fer pour travailler dans de telles conditions et son contrat d’édition est la meilleure récompense qu’on pouvait lui apporter pour le motiver à continuer ! Merci Y.I.L.

J’ai moi-même un acouphène, vraiment très… très léger, et comme beaucoup de personnes il est encore assez faible pour que je puisse l’oublier sans toutefois l’ignorer. Mais il est bien là, surtout dans les moments de stress ou de fatigue prolongée…

Par ailleurs je voudrais ajouter que la plupart des gens ignorent qu’ils sont touchés parce que chacun vit dans une société qui ne « s’entend plus ». Les gens ont parfois des sautes d’humeur sans savoir pourquoi, ils ont du mal à suivre une conversation avec la personne qui est en face d’eux à 30 cm, dans un lieu couvert par d’autres discussions ou des bruits de fond. Ils se sentent rapidement excédées puis excitées sans en comprendre la véritable raison.

Malgré cela on continue de vivre dans le bruit… on passe la tondeuse le dimanche, on utilise la tronçonneuse sans casque, on fait la fête de temps en temps (le bruit c’est plus festif). On parle plus fort que les autres car on ne laisse plus la place aux mots ni au rythme. On subi chaque jour les bruits de la circulation, on crie tout le temps, on monte le son de la TV (voyez maintenant tous ces animateurs qui gueulent sans cesse même quand ils sont seuls face caméra), le niveau sonore tonitruant des coupures publicitaires au beau milieu d’un film…

Notre société fabrique et vend du bruit !

Alors on « soigne » son stress (les effets et non les causes véritables) avec des cocktails de molécules chimiques et on prend ainsi un abonnement à l’industrie pharmaceutique à vie… Et puis un jour BOUM ! ça vous tombe dessus sans prévenir et ça casse sans prévenir mais il est trop tard depuis longtemps… Les nuisances sonores sont des problèmes qui relèvent de la Santé Publique mais nos gouvernants et nos industriels font l’impasse là-dessus comme pour beaucoup de choses qu’ils considèrent comme futiles et superficielles. Les guerres et les lobbies ont bien plus d’intérêt ! Pardon je m’égare…

7- Oui c’est vrai, c’est un mal terrible dont on a pas conscience faute d’éducation malheureusement et les pouvoirs publics sont totalement dépassés. Jean-Luc a beaucoup de courage en effet ! Mais comment avez-vous eu l’idée du site Internet pour Heubéheu ?

Et bien comme j’ai toujours soutenu Jean-Luc sur son projet d’édition, l’idée de mettre en place ce site m’est venue naturellement, dans la continuité de notre collaboration autour de Heubéheu. Je m’étais déjà bien investi, il n’y avait donc aucune raison pour que ça s’arrête avant la sortie de l’album cartonné. Le travail pour ce site a demandé un investissement certain comme pas mal d’autres sites c’est sûr mais Jean-Luc n’y connaissant rien, alors que moi c’est mon boulot, tout a pu être mis en place rapidement de part et d’autre.

Et puis je songeais également que ces successions de bonnes nouvelles allaient remotiver Jean-Luc pour poursuivre les aventures de son personnage et c’est ce qu’on espère tous au demeurant. Pour l’heure c’est donc moi qui en suis le webmaster et c’est moi qui me charge de mettre à jour les publications du site. Mais Jean-Luc reste libre d’en prendre intégralement la main dès qu’il se sentira assuré de le faire. Ça ne dépend que de lui-même car c’est de toute façon son site ! De la même façon il reste libre de le supprimer du jour au lendemain s’il le décide, mais je vous rassure ça n’est pas à l’ordre du jour… au moins tant que vous le soutiendrez en lui témoignant votre intérêt pour Heubéheu.

Et puis au-delà de cette perspective je voulais aussi en profiter pour ouvrir le site aux autres auteurs de Y.I.L. ; ce qui me paraissait fondamental puisque la réussite d’un projet en particulier est de toute façon lié au réseau auquel il adhère. Je veux dire par là qu’en défendant un titre on défend aussi le catalogue d’auteurs dans un prolongement naturel, alors pourquoi couper les racines ? ça m’a donc paru totalement logique non ?

Ainsi nous pouvons découvrir par ce biais d’autres auteurs, à travers leurs interviews, ce qui permet aussi d’améliorer le référencement de chacun d’eux sur le web. C’est en tissant ainsi qu’on fabrique la trame globale d’une toile, au-delà d’un référencement SEO ! Plus un réseau est tentaculaire et plus vous avez l’opportunité de capter l’attention sur les réseaux. Pour vous en convaincre, tapez le nom de n’importe quel auteur interviewé sur le site dans Google et vous verrez que les liens pointant vers Heubéheu ont une grande chance d’apparaître ici ou là dès les premières pages.

Un dernier conseil peut-être… un site sans contenu original a peu de chance d’être suivi par les moteurs de recherches. Si vous vous contentez de dupliquer ce que vous voyez ailleurs… c’est mort ! Et puis les décideurs comme Google détestent le « duplicate content » aujourd’hui et ils ont vite fait de vous ignorer à cause de cela, car les places sont chères et qu’il y a trop de monde qui convoitise le sommet ! Parlez des autres c’est aider à faire parler de soi alors soyez créatifs sur vos sites et ne vous contentez pas d’une photo légendée d’une simple phrase…

8- Et à propos Y.I.L., qu’ont-ils pensé du site sur Heubéheu et de l’écho fait à ses auteurs ?

On en a pas vraiment discuté, sinon au téléphone avec Franck LEFOX (alias Amédée ALBI), le directeur éditorial de Y.I.L.. Mais je pense qu’ils ont apprécié la démarche même si ça les a un peu surpris au départ, ce que j’imaginais tout à fait, bien que leur ayant annoncé la démarche au préalable.

Vous savez, les requins et les vampires sont légions, Y.I.L. est une jeune maison d’édition encore fragile comparée à des usines à gaz comme Dargaud and Co. Ils se sont légitimement demandé qui j’étais et pourquoi je m’intéressais si soudainement à leur travail avec un tel enthousiasme.

D’autre part, rédiger des interviews comme ça et à la volée ça prend du temps… il faut préalablement faire des recherches sur chacun des auteurs et effectuer de nombreux recoupements pour éviter de dire n’importe quoi dans la mesure du possible. C’est donc un long travail malgré tout et puis Y.I.L doit d’abord concentrer toute son énergie sur leur lourd travail de gestion, l’impression et la distribution !

9- Quel est donc le but du site ? Faire connaître un peu plus Heubéheu j’imagine en publiant ses aventures.

Oui mais pas seulement… La promo d’un album doit venir principalement des auteurs eux-mêmes même si c’est toujours très difficile pour un(e) jeune auteur(e) de s’auto-promotionner avec les moyens dont il dispose. Il y a heureusement les nombreux festivals organisés ça et là, les dédicaces en librairie, les réseaux sociaux incontournables bien sûr. Le site de Heubéheu est un autre moyen pour y parvenir et peut-être qu’il fera des émules dans le genre. J’encourage les autres auteurs à ouvrir des sites sur le même principe en allant à la rencontre de leurs frères d’armes.

10- Que penses-tu de Y.I.L. éditions ?

Ces gens là en veulent et ça me plait ! Y.I.L. invente une nouvelle approche de l’édition BD, dans un contexte économique actuel défaillant. A la fois plus humaine et plus collaborative. Ce genre d’entreprise est assez rare et quand vous avez compris ça, quand vous voyez que l’énergie initiale de son fondateur (Yannick Bunel) est intacte, vous n’avez qu’une idée en tête c’est de soutenir ce genre d’action.

Si les auteurs – collaborateurs et partenaires de Y.I.L. – comprennent l’importance des enjeux actuels, qu’ils ont ainsi leur propre avenir en main, alors non seulement Y.I.L. deviendra un acteur incontournable et ses auteurs en tireront juste profit. Ici pas de place pour des actionnaires bidons motivés uniquement par le profit passif ! Enfin c’est comme ça que je perçois les choses de l’extérieur et je ne travaille pas pour Y.I.L. 🙂

Y.I.L. c’est un peu comme un jardin éco-responsable, basé sur un principe vertueux. Un lieu humain et citoyen. Mon hébergeur et mon primeur sont aussi comme ça alors je les salue au passage… Si tout le monde s’y met, Y.I.L. continuera à croître sans « pesticides ». Auteurs si vous voulez être lu jusqu’en Chine populaire et bien allez vous montrer jusqu’en Chine puisque personne ne le fera bientôt plus à votre place car ce modèle économique est mort. Mais malheureusement pas les « pesticides » qui régissent encore le monde et les profits d’une économie décadente ! 🙂

C’est une simple formule mathématique ! Plus le réseau Y.I.L. s’étoffera et plus la distribution du catalogue gagnera en efficacité. Et par conséquence, plus les auteurs y trouveront leur compte. Par YODA, que la Force soit dans chacun de vos rêves…

11- Et toi Paco, dans de telles perspectives n’as-tu pas envie d’abndonner les outils informatiques pour te remettre à la BD un jour ?

C’est un vieux rêve que je caresse en effet. Et je deviens vieux très vite, donc le temps est compté même s’il n’y a pas d’âge pour (re-)commencer. Les métiers informatiques m’ont usé. J’en ai trop fait, avec trop de casquettes à gérer seul quotidiennement… J’envisage sérieusement d’arrêter pour plein de raisons même si cette étape fut une réelle passion. Principalement, disons-le, à cause de certains clients anthropophages et toxiques.

Le genre qui ne sait rien, qui ne veut surtout pas comprendre ni consacrer un peu de leur temps à apprendre les outils qu’ils souhaitent utiliser « parce que ça l’informatique ça doit fonctionner tout seul sans soucis » (consommateurs inconscients) et qui veulent tout, tout de suite et pour une misère encore ! Ceux-là vous usent le cuir et vous saignent comme des vampires au lieu de vous ménager a contrario pour s’inscrire dans la durée… Un client sur 10 comme ça c’est déjà trop, alors je continue à épurer… et j’ai pas encore terminé, qu’on se le dise ! 🙂

Alors oui je regarde ce que font les autres aujourd’hui, j’étudie encore aussi, je fleurte parfois avec ma grande bibliothèque de livres sur les cartoons et autres BD que j’avais quelque peu délaissée. Et j’en relis certains… disons que je ne suis plus tout à fait étanche à tout ça comme je le croyais. Mais je ne veux pas précipiter les choses pour le moment car je sais le coût que nécessite un tel investissement, pour soi-même et surtout pour l’entourage, car il faut tout de même bouffer !

Accompagner Heubéheu quelques temps m’aura permis au moins de garder un pied dans la sphère BD et Y.I.L. de m’avoir redonné l’envie d’illustrer en parcourant leur catalogue original qui en fait sa particularité et son originalité. L’envie de redessiner aussi et malheureusement dans le sillage ensanglanté des événements tragiques du mois de janvier. Je n’ai plus grand chose à dire en peinture alors j’attends une autre porte… Tout ceci est un cocktail qui forge l’esprit d’un artiste, mais l’esprit d’un artiste est fragile alors il faut le ménager autant que possible…

Pour l’heure Heubéheu est une autre belle aventure et je me satisfais d’avoir pu y contribuer un peu… dans la mesure du possible.

12- Paco, aimes-tu les livres ?

Plus que tout oui… comme tout le monde j’imagine, mais pourquoi cette question ? Vous savez, après avoir consumé et numérisé la majeure partie de ma vie dans le numérique, je suis bien placé pour savoir que tout ceci reste futile même si c’est un outil important. Aujourd’hui nous y stockons notre mémoire, nos photos, nos textes et nos envies. Mais demain tout est voué à disparaître telle une grande illusion ! Que nous restera-t-il de tout ça lorsque nous serons vieux et que le temps des souvenirs nous accaparera et que nous n’aurons plus de sources pour les nourrir ?

Lorsque vous achetez un livre – et mon ami Patrice Dupommier de l’Auberge des Légendes est certainement le mieux placé auprès du public pour le savoir – vous construisez votre mémoire et vous sollicitez tous vos sens simultanément. Vous vous forgez des souvenirs impérissables et vous transmettez des émotions aux autres durablement.

Un livre raconte une histoire mais il laisse la trace de son existence partout où il passe, parce qu’il transmet bien plus que des mots ou des images… le souvenir du jour où vous l’avez acheté, une odeur, un son, des voix, des visages, le temps qui passe,… Oui j’adore les livres parce qu’ils me permettent de ne pas m’oublier car ils sont pour moi autant de repères temporels sur la vie écoulée. Un livre, c’est magique !

Bien, je crois qu’on fait un grand tour en ta compagnie Paco, alors longue vie à Heubéheu et son site interplanétaire et fédérateur ! Une dernière chose à nous dire peut-être ?

Oui, commandez l’album de Jean-Luc et faites connaître Y.I.L. autour de vous !

Et merci pour les auteurs qui consacrent du temps pour vous construire des rêves chaque jour… 🙂

A bientôt.

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